Originaire de la région de Kannaland dans la province du Cap-occidental en Afrique du sud, le Sceletium tortuosum est une plante connue depuis des millénaires par les populations natives.
Agissant sur l’humeur, le bien-être mental et émotionnel, elle est aujourd’hui utilisée dans de nombreux pays à travers le monde pour réduire efficacement les états de stress et d’anxiété.
Les propriétés curatives de cette plante ont rapidement été remarquées par les divers explorateurs et les visiteurs de la nation arc-en-ciel, elles ont nourri une histoire aussi riche que passionnante. Voici cette histoire.
La découverte occidentale du Sceletium tortuosum
Au travers de la longue histoire de la petite province sud-africaine, le Sceletium est devenu l’un des emblèmes du Kannaland, aujourd’hui encore elle est souvent simplement appelée Kanna en l’honneur de la région d’où elle est originaire.
Le Kanna est une plante grasse de la famille des Aizoaceae. Une famille autochtone, parfaitement adaptée aux climats secs et chauds, représentée par plus d’une centaine de membres.
Connue depuis des temps immémoriaux par les populations originaires d’Afrique du Sud, la première mention occidentale du Sceletium remonte au XVIIe siècle. En 1662, l'administrateur colonial néerlandais Jan van Riebeeck découvre cette plante et ses propriétés curatives grâce à ses activités commerciale avec les tribus du Kannaland.
Découvrant le Sceletium tortuosum et ses applications thérapeutiques, les européens l’assimilent à une autre plante venue de contrées lointaines et connue pour ses bienfaits : Le ginseng.
Les deux plantes sont rapidement comparées, car elles peuvent être mâchées et utilisées en infusion ou en baume et possèdent de nombreuses vertus. Mais contrairement au ginseng dont les propriétés stimulantes agissent plus sur le plan physiques (accroissement des performances physiques et sportives, de l’endurance et de la libido), le Kanna est utilisé pour ses bienfaits sur le plan mental et immunitaire.
Le kanna au centre de la culture sud-africaine
Dans le siècle suivant la découverte du sceletium, colons et explorateurs continuent à s’intéresser à cette plante. ils découvrent qu’elle est intimement liée aux diverses cultures d’Afrique australe.
En 1773, le Kanna fait l’objet d’une nouvelle étude du respecté physicien et botaniste suédois Carl Peter Thunberg. Il rapporte : « Les Hottentots viennent de partout pour récupérer ce buisson avec ses racines, ses feuilles et tout le reste, qu’ils frappent ensemble, puis roulent en forme de queue de cochon ; ils laissent ensuite la masse fermenter, et ils les gardent pour les mâcher, en particulier quand ils ont soif. S’ils mâchent immédiatement après fermentation, il y a intoxication ».
La plantes utilisée par plusieurs tribus d’Afrique Australe aurait suscité la création de nombreux centres d’échange. Le Sceletium tortuosum était utilisé à des fins thérapeutique, mais aussi dans l’artisanat, comme teinture, et à des fins cultuelles et rituelles grâce à certaines propriétés psychotropes.
En 1789, le voyageur Paterson écrivait que le Sceletium était « un composant d’un mélange à fumer intégrant d’autres herbes ». Ce mélange aurait produit des effets hallucinogènes particulièrement lorsqu’il est combiné à du cannabis sativa et d’autre plantes engendrant des effets similaires.
Le XXe siècle, la découverte scientifique du Kanna
Grâce au développement des sciences chimiques et botaniques, le XXe a vu l’étude du kanna sous un tout nouveau jour.
En 1914, le Sceletium tortuosum fait l’objet d’une thèse rédigée par le pharmacien, chimiste analytique et botaniste allemand HWR Marloth. Dans cet ouvrage, le chimiste identifie les différentes susbtance organiques présente dans la plantes, ce qu’on appelle en chimie les Alcaloïdes. Il identifie leur particularité et les regroupe sous le terme de « mésembrine ».
Aujourd’hui on connaît plus d’une vingtaines d’ approches et de stratégies pour y parvenir, mais la première synthèse totale ne fut réalisée qu’en 1965. Cette avancée dans l’étude scientifique du Sceletium tortuosum réalisée par les chercheurs américains Maurice Shamma et Herman R. Rodriguez ouvre la voie à une nouvelle ère de recherche sur le potentiel thérapeutique de ses composés.
Les études récentes sur le Kanna
Suite aux succès pharmacologiques du XXe siècle, beaucoup de recherches à propos des vertus curatives du Scelecium ont été menées.
De nombreux groupes de scientifiques ont tenté de découvrir si ces vertus étaient bien réelles. Ils ont parfois découvert des caractéristiques tout à fait surprenantes1.
Le pouvoir anti-microbien du Sceletium
Peu d’études ont été menées sur le sujet, mais certaines ont pu démontrer que le Kanna et particulièrement les alcaloïdes qu’il contient possédaient une activité antimicrobienne. Plus encore, en 2016, une équipe de chercheurs de l’université de Namibie a pu démontrer que le Sceletium possédait une certaine activité inhibitrice anti-VIH.
Les propriétés anti-stress et une aide contre la dépression
Beaucoup de travaux de recherches ont été menés pour vérifier les vertus anti-stress du Kana. Par rapport au placébo, la plante a révélé une très grande capacité à réduire les symptômes du stress et de l’anxiété. Elles ont également montré qu’elle pouvait avoir une action bénéfique sur le sommeil et l’endormissement et qu’elle pouvait avoir un effet bénéfique sur les facultés sociales et l’adaptation à un milieu difficile ou changeant.
Propriétés Analgésiques des Plantes de Sceletium
Les tests menées en 2016 sur le Sceletium ont également démontré que la mésembrine contenue dans la plante lui conférait des propriétés analgésiques et anti-Inflammatoires naturelles. Et ceux, sans engendrer d’effets addictifs, toxiques et inefficaces en raison du développement de la tolérance.
Notes :
1. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC8124331/